Commentaire et analyse très pertinente de la situation actuelle

 GEOFFROY
29 janvier 2011

Le piège se referme sur les consommateurs

En fait, avec l'argent de l'Etat, donc le notre, les filiales d'EDF (EDF enr, INEO SUEZ, GDF et EDF Energies Nouvelles) et TOTAL ont fait main basse sur le photovoltaïque. Ces entreprises ont retenu tous les projets avec des prix élevés de rachat de l'électricité, et ce jusqu'à 2020!.

Alors que toute demande de raccordement au réseau électrique des productions par le photovoltaïque doit obligatoirement transiter par ERDF, EDF et consorts se sont créés un passage secret par RTE pour réserver en catimini 25 % de plus des 5 400 MW prévus pour 2020 par le Grenelle.

Ainsi, les 5 400 MW sont atteints dès 2010! A fin décembre 2010, à peine 800 MW étaient raccordés au réseau et ce en 4 ans. On voudrait nous faire croire que 4 600 MW seraient raccordés en un an!

Le 2 décembre 2010, l'état communique : "Ça y est, on arrête tout, les profits sont trop grands, les bulles financières doivent s'arrêter, de plus les chinois nous envahissent, nous ne pouvons alimenter l'économie chinoise par des valeurs de rachat trop élevées, durant 3 mois nous n'achèterons plus l'électricité produite à partir du photovoltaïque, nous redéfinirons les règles en avril prochain, il faut que la France fabrique ses propres panneaux. Les utilisateurs vont payer la note du photovoltaïque, le coût du kWh consommé va augmenter"

Hélas, nous pouvons affirmer que la bulle financière profite à 95% aux filiales d'EDF et consorts, toutes les autres déclarations ne sont que stratagèmes!

Décryptage

En faisant main basse sur le photovoltaïque, il en va de même avec l'éolien, les filiales d'EDF et consorts
s'assurent que la production d'électricité restera sous leur contrôle. Ainsi, que l'électricité vienne du nucléaire ou des énergies propres, le prix du kWh, que nous consommons, pourra toujours augmenter, les profits resteront dans les mêmes poches.

Entre 2009 et 2010, l'électricité a augmenté de 15% (regardez vos factures et pas uniquement le prix du kWh). Une hausse de 7% du prix de l'électricité est applicable dès le 1er janvier 2011. Cette nouvelle hausse est imputée à la forte augmentation des charges de service public de l'électricité, soit disant à cause du soutien à l'énergie solaire.

En résumé, nous payons et paierons de plus en plus chère notre électricité pour que les filiales d'EDF et consorts puissent profiter de plus en plus de la bulle financière. De l'autre coté, en tant que particulier nous n'aurons pas accès à la fabrication d'électricité propre.

Aujourd'hui, notre électricité est produite à 76,5 % par le nucléaire. D'ici 2021, 21 réacteurs sur les 58 que comptent nos centrales seront arrêtés (fin de vie), 16 de plus le seront d'ici 2025, soit 64% de notre capacité de production! (voirhttp://futura24.voila.net/nucle/react_france.htm)

La production mondiale d'uranium (42.000 tonnes) est insuffisante depuis une vingtaine d'années. L'utilisation de sources secondaires d'uranium (25.000 tonnes), provenant de stocks civils et militaires, permet de combler la différence avec la consommation des centrales nucléaires (67.000 tonnes). Ces stocks seront épuisés en 2015 et la production minière ne pourra augmenter de façon suffisante en huit ans pour correspondre à la demande de consommation.
La production d'uranium est estimée de façon fiable à une dizaine d'années à l'avance. Les projets d'exploitation de nouveaux gisements sont connus et il faut dix ans au moins pour mettre une mine en exploitation, en dehors des problèmes techniques imprévus.
Avec cette pénurie d'uranium dès 2015 et une production mondiale d'uranium en déclin à partir de 2025, le prix de l'uranium ne pourra qu'augmenter de façon considérable. Un prix supérieur à 200$/lb dans les prochaines années est non seulement réaliste mais sans doute sous-estimé en regard de la réalité des prix sur la période 2010-2020 et au delà.
Le coût de production de l'électricité nucléaire sera tellement élevé que ce moyen de produire l'électricité n'aura plus aucune justification économique.
Au lieu de cela, on nous fait croire que le fait d'installer du photovoltaïque est un cadeau, alors qu'il s'agit d'une nécessité! Par contre, l'accès au photovoltaïque est réservé à une minorité!

D'ici 2015, tous les spécialistes sont formels, l'électricité nous coûtera 2 à 3 fois plus chère qu'aujourd'hui.

Il ne nous est pas interdit d'installer du photovoltaïque, par contre le 2 décembre 2010 un moratoire est imposé, le 8 décembre 2010 ERDF a augmenté de 66% le coût du raccordement, durant 24 mois les règles édictées ont changé tous les 3 mois, des textes de loi à effet rétroactif furent promulgués et des tracasseries administratives augmentées.

Il ne nous est pas interdit d'installer 20 m² de panneaux à des prix prohibitifs de 19 000 € vendus par les filiales d'EDF et consorts, vous êtes même incités à le faire,grâce au prix de rachat à 58 cts le kWh et un crédit d'impôts de 22% .

Si vous voulez installer plus de 20 m², il y a véto. Pourquoi? Avec 20 m², vous ne serez jamais autonomes, donc toujours dépendants d'EDF. Par contre, avec plus de 20m², vous pouvez devenir autonomes, et ça EDF ne vous l'accordera jamais.

La seconde facette du piège qui se profile

Aux dires du ministère « il faut que la France fabrique ses propres panneaux », nous sommes d'accord si cette fabrication ne devient pas l'outil complémentaire à l'assise d'un monopole.

« Les chinois nous envahissent, nous ne pouvons alimenter l'économie chinoise par des valeurs de rachat trop élevées » affirme le ministère. N'oublions pas, qu'aujourd'hui, nous connaissons ceux qui ont alimenté l'économie chinoise!

Aussi la règle de l'intégration fut inventée. Il s'agissait de retirer la couverture existante, puis de placer un bac plastique ou acier et enfin d'installer les panneaux photovoltaïques. Si les panneaux n'étaient placés de cette façon, la valeur de rachat de l'électricité baissait. Rappelons que nous sommes les seuls au monde à avoir inventé une telle règle. Partout dans le monde, les panneaux sont placés au dessus de la couverture (tuiles, ardoises etc) ainsi une bonne ventilation est assurée et les coûts bien plus faibles.

Un arrêté au 31 août 2010 maintenait cette règle d'intégration, mais interdisait l'usage des bacs plastiques ou acier à compter du 1 janvier 2011, en effet de nombreux problèmes de surchauffe sous les panneaux se sont révélés! Il s'agit désormais d'assurer l'étanchéité du toit directement à partir des panneaux, par contre la couverture existante doit toujours être démontée et remplacée par les panneaux!

Pourquoi EDF impose cette intégration, alors qu'il s'agit d'une hérésie technique? Installeriez vous des vitrages à 5 cm de votre isolation? Les arguments d'EDF sont la spécificité française et l'esthétique!!!!
Bref du pipeau.
Dans le magasine L'Usine Nouvelle du 9 avril 2009 vous pouviez lire :Quand l'intégration au bâti... surchauffe. Le directeur de PV Alliance à Bourgoin Jallieu 38 (consortium EDF, CEA et Photowatt) a également exprimé ses doutes sur la prédilection française pour l'intégration au bâti. « Intégrer au bâti ça veut dire qu'on produit moins parce qu'on chauffe : cela occasionne des pertes de 5 à 7%. » Le rendement d'un panneau photovoltaïque silicium diminue en effet avec l'augmentation de la température. « Mieux vaut un module indépendant du toit qui puisse être ventilé. » 

Ce n'est pas fini, un Comité d' Evaluation de l'Intégration Au Bâti vient d'être créé (CEIAB). Son objectif :Homologuer les systèmes d'intégration avec une marque de panneaux photovoltaïques! Il sera impossible d'installer une marque si elle n'est pas homologuée.

Le CEIAB est illégitime et ne peut se substituer à l'AFNOR pour statuer sur la conformité d'un système par rapport à un autre, d'une part, et d'autre part puisque des normes CE ou NF existent en couverture, le CEIAB ne peut réinventer d'autres règles.

L'intégration au toit est un outil de protectionnisme, contraire aux règles édictées par Bruxelles et le CEIAB est le tremplin vers un monopole de fabrication et de distribution.

Encore plus fort, ce même CEIAB prépare un texte pour que les panneaux ne dépassent pas au dessus du toit de plus de 2 cm. C'est reparti, techniquement c'est une hérésie, par contre en terme de stratégie commerciale, cela impose un type de panneaux spécifiques « extra plats ».

Si EDF et TOTAL rachètent Photowatt à Bourgoin-Jallieu (Isère), ce qui est probable puisque EDF et Photowatt sont déjà en joint-venture dans le capital de PV Alliance, vous devez savoir que Photowatt ne fabrique que des panneaux « extra plats »

Le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB) a délivré à la société Photowatt un Avis Technique pour sa solution d'intégration Wattéa avec ses panneaux « extra-plats ».

Conclusion

Les consommateurs et les acteurs de la filière photovoltaïque sont piégés. Tout est mis en place pour que l'accès au photovoltaïque soit régulé.

20 m² de panneaux posés au dessus du toit coûtent partout en Europe 11 à 12 000 €, alors qu'en France, avec cette fameuse règle d'intégration, le coût est de 19 000 €!

Ainsi, l'accès au photovoltaïque pour le particulier est financièrement difficile, EDF et consorts peuvent dormir tranquilles: au dessus de 20 m² on vous l'interdit, en dessous de 20 m² vous payez une fortune, par contre les kWh achetés seront de plus en plus chers et les profits iront dans leurs poches

Jean Michel GEOFFROY
06 86 56 87 13
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